Tapis du Maroc
Au Maroc, les populations rurales sont essentiellement berbères et tribales. La diversité des textiles est exceptionnelle et n’a pas d’autre équivalent dans le monde méditerranéen.Dans les montagnes éloignées des centres urbains ou des anciennes routes empruntées par les caravanes, les tribus marocaines ont été très isolées jusqu’à une époque très récente. Elles ont développé une identité très forte qui se traduit dans leurs textiles. Dans les zones de plaine ou de petite montagne, au contraire, les tribus ont toujours entretenu des relations, amicales ou guerrières, et les frontières stylistiques sont moins marquées mais malgré tout toujours présentes.
Au Maroc, le tissage est essentiellement une affaire de femme et constitue leur activité principale, surtout dans le peuple nomade, dont l’ensemble de l’architecture, du mobilier, mais bien sûr des vêtements était textile.
Deux types de tissage prédominaient : celui des bandes pour la fabrication des tentes (flij) sur métier horizontal et celui des autres textiles sur métier vertical. Le métier horizontal était installé devant l’habitation (maison ou tente) afin de disposer d’une place suffisante pour l’extension des longues chaînes de tissage. Le métier vertical était placé à l’intérieur ; sous la tente, les deux piquets centraux de soutien du velum de toit servant la plupart du temps de montants au métier à tisser.
De nos jours, les populations ne se nomadisent quasiment plus et la plupart des vêtements sont manufacturés en usine et achetés au souk ou dans les grandes surfaces. Quelques rares exceptions comme les burnous et djellabas sont encore tissés à la main. Par contre, si proportionnellement peu de tapis étaient tissés autrefois, c’est aujourd’hui la production principale des tisserandes car beaucoup sont vendus aux citadins et aux nombreux touristes. Les productions sont encore souvent domestiques mais de nombreux ateliers ont vu le jour et se sont développés.














